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Le dressage du cheval : les méthodes les plus efficaces

Temps de lecture : 26 minutes

Beaucoup de méthodes d’équitation ne font pas de distinction entre débourrage et dressage. En fait, ce sont des opérations qui se déroulent en continu sans qu’une frontière précise ne les sépare. Mais parler débourrage, de nos jours, c’est traiter principalement de la phase qui consiste à faire accepter au poulain le harnachement, le cavalier et l’obéissance élémentaire aux aides. Elle dure d’un jour à quelques semaines, selon les manières de procéder. Le débourrage et le dressage qui seront développés ici concernent le cheval de sport ou de loisir. Quels sont les techniques pour dresser son cheval ? Que faut-il savoir des chevaux de dressage ? Comment devenir un meilleur dresseur de chevaux ?

dressage cheval

“Pour avoir passé plus de soixante ans dans un cirque et y avoir dressé moi-même ou avoir vu dresser toutes sortes d’animaux, je puis vous dire que le cheval compte parmi les plus difficiles ’’ Ainsi s’exprimait Alexis Gruss Sr il y a une vingtaine d’années. Ce témoignage de première importance nous met sur la piste bien difficile à emprunter et controversée du dressage de ces merveilleux animaux que sont les chevaux. Les méthodes pour dresser les chevaux sont nombreuses. Elles varient d’un pays à un autre. Elles sont adaptées à la fois au type de cheval et à l’emploi prévu pour celui-ci.

On comprendra aisément qu’un cheval de courses ne sera pas entrepris de la même façon qu’un cheval de randonnée équestre ou qu’un cheval de haute école.

La distinction entre débourrage et dressage est un héritage de notre cavalerie militaire. Celle-ci prévoyait que l’éducation des jeunes chevaux durait deux ans. Le débourrage se situait dans la première année de service du poulain, âgé alors de 4 à 5 ans. Le jeune cheval était considéré comme dressé lorsqu’il pouvait exécuter tout ce qui était prescrit à l’école du cavalier.

Dressage du cheval : Le débourrage

Première période de l’éducation d’un cheval, le débourrage commence dès que le poulain, quittant son élevage, arrive dans le nouvel environnement où son dressage sera entrepris, généralement à l’âge de 3 ans. Il serait d’ailleurs plus exact de dire que le débourrage commence à la naissance. C’est ce qui se produit de plus en plus de nos jours dans certains élevages où l’on s’occupe des jeunes chevaux dès leur plus jeune âge. Naturellement docile, voire doux et affectueux, le cheval est un animal excessivement sensible et réactif que sa puissance peut rendre dangereux lorsque ses gestes sont incontrôlés ou désordonnés. Il est doté d’une grande mémoire. Très utile pour son éducation, celle-ci aggravera les erreurs d’un dresseur inexpérimenté ou maladroit.

Comptant parmi les plus vieux animaux de la création, il a été, dès le début, la proie des bêtes sauvages, puis de l’homme, qui le chassaient pour le manger. Peu armé pour se défendre, il ne trouvait son salut que dans la fuite. On se souviendra de la roche de Solutré du haut de laquelle nos ancêtres précipitaient les chevaux dans le vide en les effrayant. Avec cette peur ancestrale se sont développés la vue, l’odorat et l’ouïe, sens qui sont chez lui très affinés.

Aussi le cavalier dresseur ne devra-t-il jamais perdre de vue que le cheval le percevra davantage comme un prédateur que comme un partenaire, idée que l’on perd souvent lorsque l’on voit les prouesses de complicité mises en œuvres lors des compétitions de dressage.

Dressage du cheval : L’apport de l’éthologie et le courant américain « natural horsemanship »

Le débourrage va donc consister en premier lieu à “neutraliser les comportements de sauvegarde extério- risés par le poulain, qui perçoit nos actions comme des signaux de prédation” (J.-C. Barrey).

Il s’agit, ensuite, d’établir un langage conventionnel permettant au cheval de se faire comprendre du cavalier et à celui-ci de se faire obéir de sa monture. Dans ce double perspectif, les éthologistes se sont montrés très utiles, car ils ont fait progresser notablement la connaissance du comportement du cheval dans son milieu.

Issue d’un courant cognitiviste, l’éthologie moderne a été fondée en 1935 par Lorentz et Tinbergen. Étude comparée des comportements des animaux, avec la collaboration d’autres sciences, elle conduit à une approche qualitative et quantitative de ceux-là, permettant d’évaluer le contexte dans lequel ils apparaissent et dans quelles proportions.

Après avoir passé dix ans à travailler les poulains de façon traditionnelle dans l’Ouest américain, dans les années 1950, le docteur vétérinaire Robert Miller a trouvé une façon de supprimer chez eux la peur de l’homme en les désensibilisant par une manipulation en douceur quelques heures après la naissance.

Dans son sillage, Pat Parelli a développé une autre approche du cheval, substituant à l’attitude empruntée, parfois craintive et souvent d’intimidation de l’homme, un comportement fait de communication, de compréhension et de psychologie. Les résultats sont spectaculaires.

Rattaché à ce courant, Monty Roberts s’est rendu célèbre dans le monde entier. On notera que le Franco- Tchèque André Slavkov diffuse la méthode de ce maître américain en Europe et dans plusieurs pays d’autres continents. Par ailleurs, inventeur de “l’équitation virtuelle”, Slavkov, par un procédé qu’il appelle “l’isodynamie”, aide les cavaliers confirmés à résoudre un problème d’attitude par le “mime équestre”.

Se faire comprendre, puis se faire obéir s’obtiennent par l’application à l’équitation d’une loi fondamentale de la psychologie : la loi des associations. Celle-ci comprend les associations par contiguïté et les associations par ressemblance. Gustave Le Bon l’a bien exposée au début du siècle dernier. Donnons-lui la parole.

“Le principe des associations par contiguïté est le suivant: lorsque des impressions ont été produites simultanément ou se sont succédé immédiatement, il suffit que l’une soit présente à l’esprit pour que les autres s’y représentent aussitôt. Le principe des associations par ressemblance peut se formuler ainsi: les impressions présentes ravivent les impressions passées qui leur ressemblent.”

Notons à ce propos une difficulté de l’équitation: si cette sorte de langage codé n’est pas le même d’un cavalier dresseur à un autre, l’emploi d’un même cheval par deux cavaliers différents peut s’avérer très difficile.

Dressage du cheval : Les qualités du dresseur de chevaux

Dresser implique de posséder un ensemble de qualités particulières sans lesquelles débourrage et dressage sont des aventures aléatoires.

“À jeune cavalier, vieux cheval, à jeune cheval, vieux cavalier.” Ce dicton, longtemps en vigueur, nous fait comprendre que la qualité première et principale du dresseur sera l’expérience. Toute tentative de dressage par un cavalier trop jeune ou inexpérimenté sera vouée à l’échec.

Comme corollaire nous y ajouterons celle d’être “homme de cheval”, c’est-à-dire d’avoir une connaissance aussi complète que possible du fonctionnement physico-psychique du poulain et de ses limites dans ces deux domaines, ainsi que des soins qu’il nécessite. C’est avoir une assiette imperturbable, celle qui permet une grande précision du geste.

C’est aussi être calme, maître de soi, avoir du bon sens et de l’imagination. Savoir se montrer méthodique dans le travail et mesuré dans ses exigences. L’attitude idéale du dresseur pendant cette période sera celle qui combinera douceur et patience sans exclure la fermeté.

La règle est la suivante :

–   toujours savoir ce que l’on veut obtenir à un moment donné ;

–   savoir demander peu et seulement ce qui est à la portée du cheval;

–    aller du connu à l’inconnu, du simple au composé ;

–   employer les mêmes aides pour obtenir les mêmes effets ;

–    ne jamais combattre deux résistances à la fois.

Dressage du cheval : Les aides

 

Les moyens employés pour dresser sont appelés les “aides”.

Dresser un cheval par la voix

La voix est la première et la plus importante. Par son ton, elle rassurera, calmera, encouragera, récompensera ou, au contraire, grondera, dissuadera, punira. Peu réceptif au début, au sens des mots employés, le cheval comprend très bien en revanche, au ton de sa voix, quels sentiments animent son cavalier. Mieux, sa très grande sensibilité lui permet de percevoir instantanément les états d’âme de son dresseur: satisfaction ou mécontentement, joie ou colère, assurance ou appréhension.

Dresser un cheval par les jambes

Le cavalier utilise ensuite les autres aides naturelles que sont les jambes, les mains, l’assiette, les reins et le poids du corps.

L’utilisation du poids du corps dans le dressage ou l’emploi du cheval a fait l’objet d’une étude très poussée de Paul Veillas, cavalier et ingénieur, inventeur d’une méthode dite des “balances”. Dans celle-ci, après avoir appris comment le cheval répartissait sa masse sur ses quatre membres pour pouvoir se main tenir dans une allure, effectuer un changement de direction ou d’attitude, le cavalier savait quand et comment il pouvait aider son cheval à modifier cette répartition par ses “aides de poids” seules.

les accessoires de dressage

À la disposition du dresseur sont également les aides dites artificielles. Ce sont les accessoires comme les éperons, la cravache, la gaule, que l’on confond souvent avec la cravache: cette dernière sert à punir, c’est- à-dire rarement ; la gaule sert à indiquer, c’est- à-dire souvent. On mentionnera aussi le caveçon et la longe, qui doit être fixée sur le caveçon et non sur le mors comme on le voit souvent, la bouche devant être préservée et respectée pour rester sensible. La chambrière, indispensable pour le travail à la longe, complète ces “outils”.

Dresser un cheval par Le travail préparatoire, à la longe et en main

Le travail à la longe est indispensable dans cette partie de l’éducation du cheval. Les exercices consisteront à marcher droit, puis en cercle. Il s’agit de déterminer le cheval dans l’impulsion, entre longe et chambrière, comme il le sera plus tard, monté, entre main et jambes du cavalier. L’allure de base pour ce travail sera le trot. Mais il sera utile d’apprendre très vite au cheval les transitions du pas au trot, puis du trot au galop et inversement.

Plus tard, le travail à la longe restera très utile au cavalier, dans toutes les disciplines, pour la détente de son cheval avant le travail monté. Il permettra aussi l’apprentissage et le perfectionnement du saut, la préparation au dressage, particulièrement celui qui est effectué en vue de la haute école. Le général Decarpentry a consacré un chapitre de l’Equitation académique à ce sujet.

Le travail à la main peut être combiné avec le travail à la longe, dont il est un complément. Appelé aussi travail à pied, ce procédé présente beaucoup d’avantages. Évitant au cheval l’inquiétude que lui procure le cavalier monté sur son dos et le laissant aussi plus libre de son équilibre et de ses mouvements, le travail à pied va permettre au dresseur de faire passer plus facilement à son partenaire le langage des aides et de le préparer aux leçons montées.

L’essentiel consiste à développer l’impulsion dans une gymnastique faisant alterner les flexions latérales dans des mouvements circulaires et en ligne droite. Ainsi le poulain sera-t-il exercé à déplacer ses hanches autour de ses épaules et ses épaules autour de ses hanches. Il apprendra l’épaule en dedans et le reculer. L’encolure sera soutenue naturellement.

Dresser un cheval par le travail monté

Dans le prolongement de ce qui a été fait à la longe, il s’agira d’assurer maintenant l’équilibre du jeune cheval dans le mouvement en avant. Ce travail commencera toujours par une longue détente à la longe. Il s’effectuera au manège les premiers jours, le cheval étant plus encadré qu’à l’extérieur et moins distrait. Les premières sorties au dehors se feront systématiquement en compagnie d’un cheval plus âgé pour sécuriser le poulain. Ces sorties sont indispensables pour donner au cheval de l’allant, du perçant. Il est souhaitable de les alterner avec des séances en manège. Les allures seront franches, l’équilibre correspondant à une attitude naturelle. Commence alors le dressage proprement dit, c’est-à- dire l’apprentissage par le jeune cheval du travail de base du cheval de sport, toutes disciplines confondues. Sur ce tronc commun équestre se grefferont les spécialisations comme le saut d’obstacles, le concours complet d’équitation et la discipline du dressage.

Photo : Après les bonds désordonnés du poulain lâché seul pour la première fois, tout rentre vite dans l’ordre et, rassuré, Junker se pose gentiment sur la main de son cavalier dans une attitude harmonieuse naturelle qui sera l’attitude normale du travail.(Les Garennes- Saumur,D. Gauthier)

Le cœur du dressage

 

Dans la foulée du débourrage, le dressage a pour objet de rendre le jeune cheval “facile et agréable à monter” dans toutes les disciplines sportives. Pour cela, il lui faut être consentant, équilibré dans l’activité et parfaitement obéissant aux aides.

Pour qu’il soit consentant, il faut avoir fait disparaître chez lui toute velléité de défense, toute résistance. La solution se trouvera d’abord dans la poursuite de la recherche de la confiance totale qu’il aura dans son cavalier et dans la claire compréhension de ce qui lui est demandé.

L’importance de l’équilibre psychique dans le dressage

Les résistances, en effet, trouvent leur origine dans les deux cas suivants :

–   le cheval n’a pas compris ce que veut son cavalier et il exécute de travers ;

–   il a compris, mais il n’est pas en mesure de répondre parce que l’exercice ou le mouvement est au-dessus de ses possibilités.

Il est très rare que le cheval refuse de s’exécuter alors qu’il a compris ce que l’on attend de lui et qu’il est en mesure de satisfaire la demande. C’est le seul cas dans lequel le cavalier a le droit de se fâcher.

Mais la solution se trouve aussi dans le climat ludique que le dresseur aura su faire régner dans la relation homme-cheval. La bonne soumission, comme le précisait le général Decarpentry, “devant prendre le caractère de joyeux empressement qui le rend, pour ainsi dire, souriant”. En somme, il s’agit d’obtenir un bon équilibre psychique de sa monture.

L’importance de l’équilibre physique dans le dressage

Notion maîtresse de l’équitation, l’équilibre physique est paradoxalement bien difficile à expliquer. Il convient de distinguer deux types d’équilibres : l’équilibre statique et l’équilibre dynamique.

L’équilibre statique est celui du cheval à l’arrêt. Une série d’expériences effectuées au milieu du XIXe siècle par Baucher et Morris nous apprend que, chez un cheval en station, le poids supporté par les antérieurs l’emporte sur celui de l’arrière-main, d’un neuvième environ. Mais lorsque le cheval est monté, le poids du cavalier est supporté pour les deux tiers par l’avant- main, pour un tiers par l’arrière-main. Cela laisse augurer de la difficulté de l’équitation, l’art du cavalier consistant, notamment, à jouer habilement de la répartition du poids de sa monture.

L’équilibre dynamique est celui du cheval en mouvement. Le cheval en action peut être équilibré sur l’avant-main ou bien sur les hanches, selon qu’il y a prédominance de poids sur l’avant ou sur l’arrière- main. On a coutume de dire qu’un cheval s’équilibre facilement lorsqu’on peut l’amener sans difficulté à reporter du poids sur son arrière-main. Mais c’est parler alors le langage de l’équitation, pas celui de la science.

L’équilibrage: c’est lorsque le cavalier modifie de façon ponctuelle l’équilibre dynamique de son cheval. L’équilibration est un “système propre à chaque cheval, déterminé par ses réflexes naturels, qui lui permet de gérer lui-même l’équilibre statique et dynamique de sa masse” (P. Veillas).

L’équilibre équestre sera d’autant plus facilement réalisé que le cheval sera droit d’épaules et de hanches, que ses postérieurs seront engagés, que son garrot sera soutenu.

Mais pour pouvoir jouer avec l’attitude de son cheval et disposer celui-ci dans les différentes postures qui seront les mieux adaptées aux circonstances variées de son emploi, le cavalier devra avoir rendu son cheval parfaitement obéissant aux aides. La mise en équilibre dans la soumission aux aides est tout l’art de l’équitation.

Quelle est la meilleure méthode de dressage?

Les méthodes sont nombreuses, car l’équitation relevant plus d’un art que d’une science, il n’existe pas de chemin unique, à proprement parler, tant la manière de chaque dresseur est fonction de son expérience, de sa sensibilité, de la façon dont il va appréhender le problème particulier qui lui est posé. Et chaque cheval est un cas particulier.

Méthode de dressage : Le bauchérisme

Le courant bauchériste, marginal dans notre pays, bien qu’il passionne encore et que plusieurs voudraient un retour à sa pratique d’origine, ne sera qu’évoqué pour n’être pratiquement pas utilisé dans l’orientation sport ou loisir. Méthode à part entière, le bauchérisme a pour principale caractéristique de prétendre améliorer le mouvement par l’équilibre et non l’inverse. L’équilibre est assuré par la “légèreté”, celle-ci se manifestant par la mobilité de la mâchoire, qui en est à la fois l’indice et la garantie. Il faut donc chercher l’équilibre à l’arrêt d’abord, puis aux allures lentes, puis aux autres. La tentation bauchériste est grande et séduit quelques cavaliers de dressage académique. Mais, très exigeante, cette pratique nécessite une grande expérience, une maîtrise totale des aides et une connaissance parfaite de la méthode, éléments bien difficiles à réunir…

Le bauchérisme n’a jamais laissé indifférents les écuyers en chef de l’École de Cavalerie, qui en ont intégré des éléments dans le courant équestre français qu’ils avaient pour mission de transmettre tout en le faisant évoluer. Aussi a-t-on dit du fil conducteur de Saumur qu’il était “un bauchérisme mesuré, greffé sur une tradition classique”.

Ce courant obéit à deux grandes lignes fortes :

–   “Calme, en avant, droit.” À la fois des objectifs suc- cessifs et des guides permanents, propres à garder le cavalier sur le droit chemin.

–   “Marier impulsion et flexibilité des ressorts.” Ce qui signifie clairement que toute équitation prend naissance dans l’impulsion, une impulsion qu’on va exploiter en souplesse. C’est la leçon du général L’Hotte, écuyer en chef à la veille de la guerre de 1870. Cette équitation évite les effets de force et fait la part belle à la légèreté.

Dresser va donc consister à développer impulsion et flexibilité dans l’observation des objectifs ci-dessus mentionnés.

L’impulsion n’est, au début, que mouvement en avant. Elle devient désir, puis hantise de celui-ci et finit par ne faire qu’un avec la soumission pour mettre notre cheval dans un état de disponibilité propre à obéir à son cavalier au doigt et à l’œil en tout ce qu’il lui demandera. L’idéal, comme nous l’apprenaient nos anciens, étant de dominer le cheval tout en lui laissant croire qu’il est le maître.

Pour ce qui est de la flexibilité, le lieutenant-colonel Margot nous rappelle qu’en équitation française elle est en tout: “le ramener, flexibilité du bout de devant; le rassembler, flexibilité des hanches”. On la développera dans une alternance d’exercices d’assouplissements latéraux et longitudinaux. La première étape va consister dans la mise en place de la ligne du dessus par la recherche de la bonne position de la tête et de l’encolure dans l’activité des postérieurs. C’est l’obtention du ramener.

Il n’est pas nécessaire d’être cavalier pour comprendre que de la bonne ou de la mauvaise position de la tête du cheval va dépendre la disposition générale de ses forces. Le cavalier pourra agir utilement sur l’ensemble de son cheval, jusqu’aux postérieurs, si la tête est fléchie sur l’encolure et le chanfrein légèrement en avant de la verticale des oreilles. C’est le “ramener” utile, contraire de l’encolure renversée, qui rend le cheval incontrôlable.

De la manière dont va être demandé le ramener va dépendre la suite du dressage, toute obtention réalisée en force ou prématurément pouvant gâcher définitivement le cheval. La bonne façon consiste à obtenir celui-ci :

–   dans une équitation de l’arrière vers l’avant ;

–   par poussée des oreilles du cheval au-dessus de sa bouche et non retrait de la bouche au-dessous des oreilles ;

–    en arrondissant la ligne du dessus ;

–    dans le soutien du garrot pour rester en équilibre.

En fait, il s’agit d’amener le cheval à franchir son mors sans qu’il s’enferme, c’est-à-dire sans qu’il prenne la position vicieuse de s’encapuchonner, position contraire du renversement de l’encolure mais qui permet d’échapper, vers l’arrière, aux actions de main. Cela n’est possible que si le cheval est exercé tôt à l’extension de l’encolure, le ramener dans l’arrondissement de

la ligne du dessus s’effectuant progressivement par une “opposition intelligente de la main à l’impulsion”, l’encolure soutenue naturellement et étendue. “Ce n’est que lorsque le cavalier peut allonger l’encolure à son gré qu’il peut la raccourcir sans craindre que le cheval puisse passer derrière la main.” (Commandant Licart)

L’esprit de la méthode de dressage

La gymnastique ne trouvera sa pleine efficacité que si les conditions suivantes sont réalisées.

–   Les temps de travail seront courts, répétés, le cavalier sachant “se contenter de peu, redemander souvent, récompenser beaucoup” (Faverot de Kerbrecht).

–   Les exercices ou mouvements satisferont à la triple exigence: impulsion, cadence, décontraction… tout mouvement mal fait étant non seulement inutile, mais encore nuisible. Le résultat, c’est le cheval dans l’harmonie musculaire ou cheval juste et que l’on peut présenter ainsi: le cheval juste est calme et confortable. Il est dans l’impulsion, rond; il accepte la main et les jambes; tend ses rênes à la volonté de son cavalier, sans tirer; peut aller instantanément à l’extension de l’encolure.

Point de départ du dressage, le ramener n’est donc pas un préalable obtenu en force, comme on le voit bien souvent de nos jours, mais l’aboutissement d’une première étape dans la soumission élémentaire du cheval de sport.

La seconde est l’obtention du rassembler, marque de l’équitation supérieure. Le rassembler se caractérise par la possibilité pour le cavalier de parfaire l’équilibre de son cheval par un engagement prononcé des hanches de celui-ci dans un soutien plus accentué de son garrot.

Le monde équestre ne parle pas toujours d’une seule voix, c’est le moins que l’on puisse dire. Et, s’il existe des centaines d’ouvrages traitant du dressage des chevaux, aucun n’est la référence indiscutable que l’on pourrait espérer. Cela tient au fait que, plus art que science, l’équitation est comprise et vécue comme un élément de la culture de l’individu, de sa personnalité, de ses goûts. C’est ce qui la rend passionnante et explique que sont passionnés ceux qui la pratiquent.

Texte encadré : Comme en équitation « comprendre c’est sentir », le sens des mots est le premier obstacle à la communication entre dresseurs. Aussi nous faut-il éclairer les lignes que nous venons d’écrire en précisant le contenu de certaines notions clés souvent interprétées différemment.

Questions controversées concernant le dressage

 

La question de la nature de la relation à établir entre la main du cavalier et la bouche de son cheval est très diversement interprétée dans le monde équestre. Elle varie de quelques grammes à un ferme appui sur la main. Qu’en est-il ?

Le contact n’est que la relation qui unit la main du cavalier à la bouche du cheval. Prendre le contact sera donc la première opération à réaliser dans le dressage des chevaux. Il faudra des années pour établir un contact constant et léger. Le contact conduit à l’appui.

L’appui n’est autre que la tension des rênes. On pourrait le mesurer au dynamomètre. Le cheval bien mis peut tendre ses rênes à la volonté de son cavalier. Il n’en prend jamais l’initiative. Sinon on dit qu’il tire, ce qui le rend moins maniable et perturbe son équilibre. Le bon appui a été remarquablement défini par le commandant Guérin, écuyer en chef du Cadre Noir du milieu du XIXe siècle, comme « commençant et finissant au minimum du contact ». La tension : on dit d’un cheval de sport qu’il est tendu lorsqu’il est dans l’impulsion. La tension du cheval est indépendante de celle des rênes. Un cheval emballé tend ses rênes avec une force de plusieurs kilos, mais son impulsion est nulle. Un cheval qui piaffe dans la légèreté totale ne tend pas ses rênes, mais son impulsion est au maximum. « Il n’est pas nécessaire que les fils électriques soient tendus pour que le courant passe. »

 

Le relèvement de l’encolure creuse le dos et éloigne les postérieurs

La réponse est oui, si le relèvement est effectué en tirant sur les rênes. Elle est non, si le relèvement est effectué sans tirer, dans une équitation de légèreté, parce qu’il provoque alors le refoulement de la grande encolure (partie postérieure de celle-ci) vers l’arrière, lui-même provoquant le relèvement de la cage thoracique entre les épaules et le basculement du plateau iliaque. Cela place la ligne du dessus dans le sens de la convexité, qui est le bon sens. Telle est, du moins, la position bauchériste.

L’extension abaissement de l’encolure met les chevaux en équilibre

La réponse est non, si cette opération est effectuée hors du soutien du garrot, l’encolure en soc de charrue. En revanche, elle s’avère très utile si elle est demandée dans l’arrondissement de la ligne du dessus avec soutien du garrot. Elle se trouve être alors à la base de la gymnastique en élongation des chevaux de sport. C’est dans cette posture qu’OIiveira conseillait de commencer les poulains.

Pour en savoir plus : présentation du dressage

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