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Les défauts d’aplomb chez le cheval

Temps de lecture : 9 minutes

Un vice de conformation ou d’aplomb peut déclencher certaines boiteries ou être à l’origine de problèmes chroniques comme l’ostéo-arthrose. Un minimum de connaissances de la conformation générale et de l’aplomb du cheval est donc requis. Il faut avant tout tenir compte d’une règle qui consiste à reconnaître les différences de conformation d’une race à l’autre. Nous n’aborderons ici que quelques points qui concernent des défauts de conformation et d’aplomb des membres. En règle générale, pour évaluer un cheval il faut l’observer, aussi bien de loin que de près, au repos et au trot. Le propriétaire ou le vétérinaire qui doit apprécier la conformation d’un membre doit aussi tenir compte de l’âge, pour savoir s’il est en présence ou non d’un défaut lié à une maladie du développement locomoteur du poulain.

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Défauts d’aplomb chez le cheval

Quand un cheval est trop serré ou trop ouvert du devant nous sommes en présence d’un exemple de défauts de conformation des membres antérieurs. En regardant le cheval de face, on constate dans ces cas- là que la distance qui sépare les pointes des épaules est respectivement supérieure ou inférieure à celle qui sépare les axes verticaux des pieds. Ces anomalies sont souvent combinées avec une panardise (les pinces des sabots sont tournées en dehors) ou une conformation cagneuse (les pinces des sabots sont tournées en dedans). Toujours en observant le cheval de face, on peut observer que les carpes sont tournés vers l’intérieur et trop rapprochés l’un de l’autre ; on parlera de genoux de bœuf qui prédisposent à la desmite de la bride carpienne et à des lésions articulaires du carpe. Si la déviation de cette articulation est vers l’extérieur, augmentant la distance entre les deux carpes, on parlera de genoux cambrés, ce qui peut aussi entraîner à long terme des lésions dégénératives et des problèmes articulaires.

Lors de l’observation des membres antérieurs de profil, on peut rencontrer une déviation de l’articulation du carpe vers l’arrière ou vers l’avant; on désigne ces deux types de conformation par les termes de genou creux et de genou brassicourt. Dans le premier cas, le cheval est prédisposé à une desmite de la bride carpienne par tension excessive et à des fractures en copeau de la face dorsale des os du carpe, alors que le deuxième peut engendrer des pressions anormales sur les sésamoïdes ou une prédisposition aux tendinites du fléchisseur profond.

Les défauts de conformation des membres postérieurs s’observent de derrière et de profil. Comme pour les antérieurs, le cheval peut être trop serré ou trop ouvert du derrière. Dans le premier cas et si l’animal présente une conformation normale aux antérieurs, des interférences risquent de se produire entre les membres antérieurs et les membres postérieurs. On pourra observer des chevaux avec les jarrets tournés vers l’intérieur (jarret de bœuf) ou vers l’extérieur. Cette conformation est très mauvaise puisqu’elle impose une surcharge excessive à la partie interne des petites articulations tarsiennes, ce qui prédispose aux phénomènes dégénératifs de ces articulations (éparvin). Vu de profil, le cheval peut être sous lui du derrière depuis la racine du membre ou présenter un angle exagéré à l’articulation du jarret. Dans ce dernier cas, le cheval devient sous lui du derrière à partir des jarrets, ce qui entraîne souvent une inflammation des ligaments de la région plantaire du jarret. On parlera d’un cheval campé du derrière quand l’ensemble de son membre postérieur est déporté vers l’arrière, cette conformation ira souvent de pair avec une orientation trop verticale des paturons.

Enfin, il n’est pas possible de faire abstraction de la conformation du pied quand on parle d’un cheval. En effet, l’adage dit: “pas de pied pas de cheval”, et une bonne conformation du pied est essentielle pour prévenir un grand nombre d’affections qui se traduisent par des boiteries et une invalidité de l’animal. Un pied équilibré et symétrique implique que chaque fois que le pied touche le sol, il distribue de façon uniforme les forces et les répercute au centre de la colonne osseuse du membre située au-dessus.

Les maladies orthopédiques de développement chez le cheval

Les déviations angulaires comme la contracture ou la flaccidité des membres sont regroupées sous un même terme: les maladies orthopédiques de développement ou encore les maladies du développement locomoteur.

Déviations angulaires

Parmi les déviations angulaires des membres du cheval, il faut reconnaître le valgus (si l’angle est ouvert vers l’extérieur), le varus (si l’angle est ouvert vers l’intérieur), une rotation ou une combinaison de déviations. Quelques facteurs contribuent à une déviation angulaire: l’immaturité du tissu périarticulaire qui engendre une instabilité articulaire, une croissance inégale de la plaque de croissance distale du radius, du tibia ou du métacarpe/métatarse principal, un défaut d’ossification ou la nécrose des os cuboïdes du carpe ou du tarse.

Pour chaque cas, le vétérinaire décide de la mise en application d’un traitement conservateur (exercice limité, correction de l’alimentation), orthopédique (prothèse externe, parage des pieds, ferrure correctrice) ou chirurgical. Le traitement chirurgical se fait sous anesthésie générale. Il consiste principalement en deux techniques : soit une stimulation de la croissance osseuse (du côté où elle est moindre) soit l’aide de vis et de cerclages pour la retarder – du côté où la croissance est supérieure. Mais toutes ces techniques sont efficaces seulement si le propriétaire reconnaît le problème dans son élevage, afin qu’il puisse consulter au plus tôt son vétérinaire. Pour une déviation de la partie distale du métacarpe/métatarse principal, il faut agir avant huit semaines d’âge et, pour une déviation impliquant la partie distale du tibia ou du radius, il faut agir avant douze semaines.

Les rotations sont des déviations dans le plan horizontal des membres qui s’observent en se plaçant dans l’axe du cheval. Chez l’adulte, on rencontre beaucoup de rotations primaires. La pince du pied est soit dirigée vers l’extérieur (panard) soit vers l’intérieur (cagneux). Chez les poulains, cette rotation est souvent secondaire à une déviation angulaire et, dans la majorité des cas, une correction spontanée a lieu avec la croissance ou après correction des déviations.

Contracture

Il existe des contractures congénitales ou acquises des fléchisseurs. Elles concernent les articulations du carpe, les métacarpo-phalangiennes (boulet) et inter- phalangiennes proximales (paturon) ou distales (pied). Lors d’une contracture congénitale chez le poulain nouveau-né, il y a souvent résolution spontanée dans les heures qui suivent la naissance, mais si la contracture est modérée on aura recours à l’administration de médicaments ainsi qu’à des bandages incluant une prothèse. Dans les cas sévères, une intervention chirurgicale doit être envisagée.

Les contractures acquises, aussi appelées contractures de croissance, impliquent soit le tendon fléchisseur superficiel soit le tendon fléchisseur profond. Dans le premier cas, sont surtout affectés les poulains de huit à dix-huit mois. Ils montrent une image de boulet dévié vers l’avant. Le traitement est variable en fonction de l’importance du problème et consiste à diminuer l’apport énergétique, mettre des bandages, faire un parage correctif, appliquer une ferrure orthopé- dique et réaliser éventuellement une section de la bride radiale. Si le tendon fléchisseur profond est atteint, le poulain, habituellement âgé de trois mois à un an, développera un pied bot ou rampin, c’est-à- dire une flexion inter-phalangienne distale avec augmentation de la taille des talons. Le principe de base du traitement sera le même que pour le tendon superficiel sauf que l’on aura éventuellement recours à une section de la bride carpienne.

Flaccidité des fléchisseurs ou “hyperextension digitale”

Les membres postérieurs sont plus souvent affectés que les antérieurs. Il existe une forme congénitale chez le poulain prématuré ou ayant une maladie systémique et, une forme acquise comme lors d’immobilisation prolongée avec un plâtre. Les signes typiques pour les animaux affectés sont une hyperextension digitale et une descente du boulet. Dans la grande majorité des cas, le problème va se résoudre spontanément en deux à trois jours. Mais pour aider le poulain, il faut le mettre sur une litière peu profonde et ferme et lui donner un exercice limité. Le but est de favoriser le développement musculaire. Il ne faut jamais mettre de bandage ou de prothèse et si le problème persiste, il faudra aider le poulain par un parage correcteur et un fer orthopédique.

Pour en savoir plus : les aplombs du cheval 

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